Statement

« Il s’agit donc d’habiter l’édifice, puisqu’il n’y a nulle autre part où habiter.

Mais il s’agit d’habiter l’édifice, pour de l’intérieur – un peu comme la taupe de Marx- , le miner, ou – la comparaison serait peut-être plus juste, le laminer jusqu’à ce que l’une ou l’autre de ses parois deviennent suffisamment diaphane pour laisser deviner la fragile image d’un dehors »

Philippe Lacoue-Labarthe, La réponse d’Ulysse et autre textes, Nouvelles éditions ligne-Imec, 2012. (p33)

Titulaire d’un master spécialisé en arts plastiques, visuels et de l’espace obtenu au terme du cursus peinture de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (ARBA-ESA). Hadrien Marteaux a depuis sa sortie de l’école troqué le pinceau pour la mine du crayon.

Prenant appui sur des prises de vue personnelles ou volées, il interprète le monde et ses images en série dont le fil conducteur est de créer une forme de décalage, sorte de digression dans le tissu de la figuration.

Se nourrissant du flux des images, l’artiste se sert également des images du monde qui l’entoure, faisant de la photo de mode et des prises de vue du google street view une partie non négligeable du terreau de son travail.

Dans ces errances, les silhouettes deviennent des disparaissants et ses environnements sonnent comme des mirages.

Il produit des dessins sur calque qu’il recompose entre eux en les grattant, les laminant, car le geste et le sacrifice du dessin importe, pour former des espaces de fuite ainsi que des architectures délirantes.

La pratique d’impression du dessin gratté confère à son travail une ambiguïté technique qui raisonne avec l’étrangeté des rencontres et des traitements imprimés à la perception du monde rendue dans l’œuvre.